Généralités
La signalisation
La carte d'entame
Avec un groupement d'honneurs
Avec deux honneurs consécutifs
Avec au moins quatre cartes
Avec moins de quatre cartes
La signalisation avec quatre cartes

Généralités

La couleur choisie, de quelle carte entamer ?

Cette carte doit indiquer au partenaire si l'entame provient d'une couleur affranchissable ou non, indication essentielle pour la suite du flanc.

Ayant reçu le message, le partenaire, quand il n'est pas amené à forcer en troisième position, doit fournir l'information utile à l'entameur :

Carte d'entame et signalisation sont donc indissociables !

La signalisation

Le compte : le Pair-impair

Les enchères et les cartes visibles vous permettent le plus souvent de déterminer le nombre exact de cartes du partenaire.
La première carte jouée vous donne déjà des indications.
- Si c'est la plus petite, le partenaire s'apprête à mettre une carte plus forte au tour suivant. Son nombre de cartes est donc impair.
- Si vous voyez une autre carte, vous devez envisager qu'il en possède une plus petite et donc un nombre pair de cartes.

Dans tous les cas, le second tour de la couleur complète votre information.

L'appel-refus : l'appel direct, ou bien le 'petit appel'

Quand la couleur ne vous intéresse pas, vous la refusez avec votre plus petite carte.
Une autre carte montre votre intérêt. Pour un maximum de clarté, vous choisissez la plus grosse carte possible.

Exemple :

  
1087
  
AR2
  
D953
  
V64
  
Sur l'As, on appelle avec le 9 en appel direct, avec le 3 en 'petit appel'.

La carte sélectionnée par l'entameur est donc destinée à provoquer une signalisation particulière, soit un Pair-impair, soit un appel-refus.

La carte d'entame

Parmi les honneurs :

Parmi les autres cartes :

C'est conventionnellement la quatrième carte de la couleur en partant de la plus forte : la " quatrième meilleure ". Le partenaire donne alors le compte - quand il n'est pas tenu de forcer.

Le partenaire appelle ou refuse, quand il n'est pas tenu de forcer. La plus grosse carte de la couleur de l'entameur est décourageante : soit l'entameur possède deux ou trois cartes seulement, soit il a le désir de voir le partenaire jouer dans une autre couleur quand il prendra la main.  

L'entame avec un groupement d'honneurs

Un groupement d'honneurs est une configuration constituée de trois grosses cartes dont deux au moins se suivent : séquence, séquence brisée et séquence incomplète, etc.

La carte de l'entameur

Deux éventualités suggèrent l'entame d'un des honneurs qui se suivent :

- capturer un honneur adverse

- éviter de livrer une levée

  

Exemple :

   D87   
RV105    A42
   963   

Si Ouest entame du 5, le 7 pousse à l'As et les adversaires feront leur Dame. L'entame du Valet permet sa capture.

  

Autre exemple :

   AD7   
RV105    842
   963   

Sur l'entame du 5, Sud fait trois levées en laissant courir la levée vers le 9. L'entame du Valet l'aurait limité à deux levées.

La carte du partenaire : le déblocage

Étudions d'abord le mécanisme du blocage :

   R5   
A87432    V109
   D6   

Ouest entame d'une petite carte contre 3SA.

Bien que la répartition adverse soit 2-2, les flancs ne peuvent pas réaliser cinq levées directes quand ils reprennent la main : L'As épuise les cartes adverses, mais la carte d'Est empêche Ouest de défiler ses cartes affranchies. On dit que la couleur est bloquée.

  

Les flancs peuvent éviter certains blocages :

Exemple de déblocage :

   A87  
DV1052   R4
   963  

Ouest entame de la Dame.

Si Sud laisse passer deux tours de la couleur, Est reste en main au second tour avec son Roi : la couleur est bloquée et Ouest aura besoin de deux reprises de main, une pour affranchir la couleur, l'autre pour l'encaisser.

Cette situation de blocage peut être évitée :

Connaissant DV10 ou DV9 chez son partenaire, Est met le Roi sur la Dame et rejoue de la couleur. Son partenaire pourra maintenant affranchir directement sa couleur et une seule reprise de main lui suffira alors.

 

Un honneur second doit donc en général être débloqué.

L'entame avec deux honneurs consécutifs

La carte de l'entameur

Reprenons l'exemple précédent en retirant le 10 à Ouest :

   A87  
DV532   R4
   1096  

Sur l'entame de la Dame, Sud laisse passer.

Il devient impossible d'affranchir directement la couleur : Si Est met son 4, la couleur est bloquée; s'il débloque son Roi, Sud réalise deux levées dans la couleur.

Seule l'entame d'une petite carte permet donc l'affranchissement direct de la couleur.

  

Entamez d'une petite carte avec une couleur affranchissable commandée par deux honneurs consécutifs.

 

Inversement, avec une couleur troisième, il faut entamer du plus gros des honneurs consécutifs pour prévenir un blocage éventuel.

Exemple :

   87  
DV5   R6432
  A109  

L'entame du 5 produirait un blocage.

  

Entamez d'un honneur avec trois cartes commandées par deux honneurs consécutifs.

 

L'entame d'une petite carte présente un avantage supplémentaire : ne pas renseigner le déclarant.

  V87  
RD532   104
  A96  

Sur l'entame du Roi, Sud arrête deux fois la couleur.

Sur l'entame d'une petite carte, il passe " techniquement " le 7 du mort - il espère la Dame ou le Roi en Est, sans le 10 - et le 10 promeut la couleur.

La carte du partenaire

L'entame d'un honneur peut donc aussi bien provenir :

Si l'entameur garde ou reprend la main, il aura alors besoin d'informations pour la suite du flanc.

Ces informations doivent donc être transmises par la carte du partenaire, si possible.

  

Elles sont de deux types totalement différents.

Comment reconnaître l'information à transmettre ? Grâce à la carte d'entame !

Selon la carte d'entame, le partenaire débloque, donne le compte ou appelle/refuse.

  

Exemple 1 :

   862   
ARV54    ?
   ?   

Vous entamez du Roi et la Dame n'apparaît pas.

Est aurait débloqué la Dame seconde s'il l'avait eue.

Sa carte donne donc le compte :

Si Est a trois cartes, le déclarant n'en possède que deux et tirer l'As permet à coup sûr de faire toutes les levées.

Si Est n'a que deux cartes, vous cherchez à lui donner la main afin de prendre la dame du déclarant en fourchette.

  

Exemple 2 :

   862   
AR4    ?
   ?   

Vous entamez de l'As.

Votre partenaire doit vous indiquer s'il souhaite ou non que vous poursuiviez dans la couleur, en utilisant la signalisation convenue (appel direct ou petit appel).

  

En résumé
Quand vous cherchez à affranchir votre propre couleur, votre partenaire doit débloquer un éventuel honneur ou, à défaut, donner le compte.
Quand vous entamez pour lui, votre partenaire appelle ou refuse.

 

 

 

 

 

Le déblocage

Sur l'entame d'un honneur, le partenaire est censé fournir un gros honneur quand il en possède un, sauf s'il peut prendre une carte du mort.

- pour prendre en fourchette un honneur du déclarant

- pour débloquer la couleur

- pour informer l'entameur

  

Exemple 1 :

   987   
AV1054    R32
   D6   

Entame du valet.

Est connaît la dame en Sud. Il met son roi au cas où son partenaire détiendrait AV10.

  

Exemple 2 :

   987   
RD1054    A32
   V6   

Entame du roi.

Exemple 2 bis :

   987   
RD1054    V32
   A6   

Entame du roi.

Dans ces deux derniers exemples, vous entamez du roi. Si votre partenaire fournit le 2, vous êtes incapable de localiser l'as ou le valet :

Si Est possède l'une de ces deux cartes, vous devez continuer la couleur. Si le déclarant a les deux, continuer la couleur livre une levée.

Pour résoudre ce problème, le partenaire fournit son Valet ou son As à la première levée : si aucune de ces cartes n'apparaît, l'entameur en déduit leur présence chez le déclarant.

D'une manière générale, le partenaire doit fournir son honneur sur l'entame d'un honneur, sauf quand il peut capturer un honneur du mort.  

L'entame avec une couleur d'au moins quatre cartes

Il s'agit maintenant des couleurs sans groupement d'honneurs ni honneurs consécutifs.  

La carte de l'entameur

À l'instar du pair-impair, la " quatrième meilleure " donne une indication sur le nombre de cartes de l'entameur.

Le partenaire n'a de certitude que si la carte d'entame est la plus petite visible : la couleur comporte alors exactement quatre cartes.

  

Pourquoi ne pas choisir l'entame en pair-impair pour uniformiser la signalisation ?

Parce qu'il faudrait entamer de la troisième avec quatre cartes, et que cette carte joue parfois un rôle.

Exemple :

   52   
D1084    R93
   AV76   

En 4ème meilleure, vous entamez du 4.

Vous réaliserez trois levées dans la couleur si vos communications le permettent. Si vous pratiquez le pair-impair, vous entamez du 8 et vous faites cadeau d'une levée au déclarant.  

L'entame dans une couleur quatrième de mauvaise qualité

Entamez en 4ème meilleure à partir du Valet.

Entamez de la seconde sinon.

Elle montre la mauvaise qualité de la couleur et permet éventuellement de connaître l'intérêt du partenaire pour cette couleur.

  

Exemples :

D762 : entamez du 2 V762 : entamez du 2
10762 : entamez du 7 8762 : entamez du 7

L'entame dans une couleur cinquième ou sixième de mauvaise qualité

Entamez en 4ème meilleure à partir du Valet.

Entamez de la troisième sinon.

  

Exemples :

97652 : entamez du 6 976532 : entamez du 5

La carte du partenaire

Il force en troisième position. Quand il n'y est pas obligé, il donne son compte en pair-impair.

La règle des onze

Le calcul permet de déterminer le nombre des cartes, au-dessus de la carte d'entame, détenues par la main cachée.

  

Exemple :

   10652   
RV973    D8
   A4   

Ce que voit Est : la carte d'entame, le 7

Le nombre de cartes supérieures à ce sept : 3

Le calcul donne : 7 + 3 = 10

Il retranche ce résultat de 11 : 11-10 = 1

Il obtient ainsi le nombre de cartes de Sud au-dessus de la carte d'entame.

Cette carte est probablement l'As ou le Roi : il fournit donc le 8.

  

Sud peut faire le même calcul :

   1065   
RV983    72
   AD4   

Ce que voit Sud : la carte d'entame, le 8

Le nombre de cartes supérieures à ce huit : 3

Il fait le calcul : 8 + 3 = 11

Il retranche ce résultat de 11 : 11-11 = 0

Il obtient ainsi le nombre de cartes de Sud au-dessus de la carte d'entame.

Il passe donc le 10 de Nord qui fait la levée.


Attention ! Cette règle ne s'applique que si l'entame est la quatrième carte de la couleur.  

L'entame dans une couleur de moins de quatre cartes

Une telle entame survient lorsqu'aucune de vos couleurs ne paraît affranchissable.

Il faut que votre partenaire comprenne que vous entamez pour lui afin de pouvoir vous encourager ou vous décourager de continuer cettte couleur.  

La carte de l'entameur

Pour les couleurs ordinaires, c'est-à-dire sans groupement d'honneurs, choisissez la plus forte carte ne risquant pas de livrer de levée dans la couleur choisie.  

Avec trois petites cartes, entamez de la plus forte.

Dans un doubleton, entamez de la plus forte.

Exemples : 953 / 96   

Deux techniques s'affrontent, entamer de la petite ou de l'intermédiaire.

L'IDB estime que l'entame de la petite est plus claire pour le partenaire.

L'entame de l'intermédiaire est source d'erreur, surtout si cette carte est de rang élevé. Le partenaire, imaginant trois ou quatre petites cartes, risque de se tromper de flanc.  

On entame de l'intermédiaire.  

Avec une couleur troisième comportant deux honneurs consécutifs, entamez du plus gros des honneurs.

  

Cas particulier : avec RDx, entamez de la dame, tête chercheuse, pour obtenir appel ou refus.

 La carte du partenaire

Grâce à ce style d'entame, le partenaire est en mesure de comprendre la situation : il appelle ou refuse selon l'intérêt qu'il porte à la couleur d'entame - quand il n'a pas à forcer en troisième.  

La signalisation avec quatre cartes

Quand son partenaire donne le compte, en pair-impair, l'entameur apprécie, en fonction des cartes visibles, la distribution de la couleur.

Dans certains cas, la carte du partenaire n'est pas ambiguë : quand le partenaire fournit le 2, son nombre de cartes est à coup sûr impair.

Dans d'autres cas, la lecture de sa carte est impossible et il peut ou non posséder une carte plus petite.

Exemple :

Entameur, vous voyez le 4 et le 2 entre votre main et celle du mort. Votre partenaire fournit le 5.

Qui possède le 3, lui ou le déclarant ?

Pour réduire cette imprécision, on convient de fournir la seconde : avec 10753, le 7 et non le 5.