Abréviations : A = appel ; BQ = bonne qualité ; EM = espoir de manche ; F = forcing ; FM = forcing de manche ; m = mineure ; m' = autre mineure ; M = majeure ; M' = autre majeure ; NF = non forcing ; Ng = négatif (contre) ; PU = punitif ; SC = selon convention ; SME = Sans Meilleure Enchère ; SU = sans utilité ; TBQ = très bonne qualité ; TPP = tournoi par paires

 

Pendant longtemps, l'ouverture de 1SA a décrit une main distribuée 4333, 4432 ou 5332 avec une mineure 5ème. Le Landy était alors la défense routinière.

Les joueurs de compétition ouvrent maintenant de 1SA des mains comportant une majeure 5ème ou une mineure 6ème, voire un honneur sec.

En raison de ce nouveau style d'ouverture de 1SA, le joueur n°2 doit pouvoir intervenir avec une main irrégulière, quelle que soit la distribution de cette main. Plus cette distribution est irrégulière, moins la force de la main n'a d'importance. Le principal critère d'intervention est la localisation des honneurs dans les couleurs longues.

Il appartient à chacun d'évaluer les risques de pénalité en fonction de la vulnérabilité, du type d'épreuve et de la qualité des quatre joueurs à la table.

 

Les mains les plus fréquentes sont les mains de 10 points. Suivent celles de 9 ou 11 points, celles de 8 ou 12 points... Le système de défense devra donc privilégier le traitement des mains moyennes, tout en permettant la découverte d'une manche avec les mains fortes. Dans ce dernier cas, la manche devra être jouée par le joueur n°4, afin que ce soit l'ouvreur qui entame.

Les quatre principes suivants ont donc présidé à la recherche du système de défense. Le joueur n°2 doit :

(1) pouvoir nommer au palier de deux n'importe quelle couleur

(2) pouvoir exprimer un bicolore au palier de deux

(3) pouvoir reparler avec une main forte

(4) faire entamer l'ouvreur dans ce dernier cas

L'intervention contre 1SA

Avec ce nouveau style d'ouverture à Sans Atout, les contres punitifs productifs sont devenus extrêmement rares. Il est donc possible d'attribuer au contre une autre signification plus performante. Pour des raisons mnémotechniques (et autres), les conventions trop artificielles sont inutilisables. Il s'agit donc ici de trouver un système de défense facile à utiliser, en particulier pour les mains les plus fréquentes.

Les principes (3) et (4) suggèrent l'utilisation d'une forme de texas, afin de donner à l'intervenant la possibilité de reparler.

Les principes (1) (2) (3) imposent au contre d'être forcing pour 2 afin de pouvoir nommer un unicolore trèfle au palier de deux ou un bicolore à base de trèfle. De même, 2 sera un Texas pour 2.

Intéressons-nous maintenant aux majeures. Les deux mains suivantes doivent permettre une intervention :

Main n°1
Main n°2
32
ADV65
9
RV432
32
AV9875
52
AV10

Or la réaction du partenaire muni d'un singleton n'est pas forcément la même s'il connaît en face un bicolore (couleur d'interception cinquième) ou un unicolore (couleur d'interception sixième). Imaginons chez le joueur n°4 :

AV76
2
A764
D985

Dans le premier cas, la manche à trèfle n'est pas loin. Dans le second cas, il faut s'arrêter à 2.

Un unicolore majeur et un bicolore majeur-mineur doivent donc être décrits de manières différentes.

2 et 2 montrent un bicolore moyen (éventuellement 5-4), 2 un unicolore majeur (ou un bicolore avec six cartes en majeure).

L'appel aux majeures est traité par le contre suivi de 2 sur 2, l'appel aux mineures par 2SA.

Les jumps sont constructifs ( 6 76 ARV9873 A54), tous les unicolores moyens pouvant être traités au palier de deux.

 

Enchère
Signification
Mains possibles
contre
2
2
2M
2SA
3X
Texas pour 2
Texas pour 2
Texas pour 2
cinq cartes M
au moins 5-5 m
EM, 7 X
des trèfles ou bicolore majeur
des carreaux
unicolore majeur
bicolore M - mineure
bicolore mineur
barrage constructif

 

Il existe une version plus élaborée (et plus compliquée) pour décrire les interventions fortes, mais l'expérience montre que son utilisation est tellement rare que les erreurs d'application et de jugement annihilent tout ce qu'elle pourrait rapporter.

Les réponses du n°4 (quand le n°3 passe)  

Après un texas mineur

Le joueur n°4 n'est pas tenu de "rectifier" le texas (contre ou 2) de son partenaire. Il doit par exemple nommer une majeure BQ liée au moins sixième.

Avec un espoir de manche, le joueur n°4 utilise en général le cue-bid à 2SA sur lequel le joueur n°2 rectifie dans sa couleur avec une intervention minimum, nomme une couleur quatrième ou 3SA en zone maximum.  

Après 2 (multicolore)

Le n°4 dit en général 2.

2 montre un espoir de manche à coeur avec une courte à pique, 3 montre une dizaine de points présumés utiles avec au moins trois coeurs et trois piques.

2SA est un relais (présumé fitté ou semi-fitté) montrant un espoir de manche. Sur 2SA, afin que la manche soit jouée par la bonne main, le joueur n°2 dit

   - en zone minimum 3 avec les coeurs, 3 avec les piques

   - en zone maximum 3 avec les piques, 3 avec les coeurs 

Après 2M (bicolore M-m)

2SA est un relais demandant de nommer la mineure.

Les autres couleurs sont des enchères naturelles (sixièmes) non forcing.  

Les enchères du n°2 et du n°4 après la séquence : 1SA x passe 2 passe

Avec un unicolore à trèfle

Le n°2 passe en général.

Il dit 3 avec une main intéressée par 3SA ( 6 R63 A73 ADV985). Sur 3, le n°4 passe, nomme 3SA avec des arrêts ou supposés arrêts un peu partout (le n°3 est censé posséder une main nulle), nomme 3X avec le fit et l'arrêt dans la couleur X.

Le n°2 dit 2M avec un 6-4 -M constructif (à partir de la force d'une ouverture, avec des trèfles BQ liés).

Avec un bicolore majeur

Le n°2 dit 2. Sur 2, le n°4 se comporte comme après un Landy.

Il nomme sa meilleure majeure en général.

Il passe (sans EM) avec un unicolore à carreau lié au moins sixième et au plus 2-2 en majeure.

Il déclare 3 avec un unicolore à trèfle lié au moins sixième, l'espoir de gagner 3 et au plus 2-2 en majeure.

Il jumpe à 3M avec quatre cartes et une dizaine de points présumés utiles.

Il dit 2SA avec un espoir de manche en majeure a priori sans quatre cartes M (ou avec les deux majeures quatrièmes).